Phnom Penh, le 16 décembre 2013

Après une bataille de deux ans, Sotheby’s a capitulé la semaine dernière et a décidé de rendre une ancienne statue au Cambodge.
La vive polémique autour du Duryodhana, une statue khmère du Xe siècle, a pris fin. Propriété d’un collectionneur belge qui l’a acquise en 1975, et estimée entre 2 et 3 M$, la statue de guerrier khmer avait été retirée au dernier moment d’une vente, fin février 2011, par Sotheby’s sur réclamation du gouvernement cambodgien, avec le soutien des États-Unis et de l’UNESCO. En effet, de nombreux indices tendent à prouver que la statue a été volée au début des années 1970 dans le temple de Prasat Chen à Koh Ker, alors que le Cambodge était en pleine guerre civile.
Sotheby’s New York était soupçonnée d’avoir tenté, début 2011, de mettre en vente en connaissance de cause une statue volée il y a plusieurs dizaines d’années dans un temple hindou au Cambodge.
Sotheby’s avait accepté le retrait de la statue à la vente, mais avait conservé l’œuvre, contestant l’hypothèse qu’elle ait été volée. Des investigations menées par le procureur new-yorkais Preet Bharara semblaient pourtant accréditer la thèse que non seulement l’œuvre avait effectivement été volée, mais que certains responsables de Sotheby’s ne pouvaient l’ignorer au moment de donner leur accord pour la vente.
Des recherches de l’archéologue français Eric Bourdonneau font part de la présence de la statue dans le temple de Prasat Chen sur le site de Koh Ker dans les années 1960. Les pieds de la statue se trouvent toujours sur son piédestal dans ce temple. Par ailleurs, Emma C. Bunker, l’experte qui a réalisé le catalogue pour Sotheby’s, aurait elle-même averti à l’époque la maison de ventes que le gouvernement cambodgien considérait cette statue comme volée.