Maastricht, 17 mars 2015

*Organisée par The European Fine Art Foundation, TEFAF (The European Fine Art Fair) est une foire artistique annuelle qui se déroule dans le MECC de Maastricht, au Pays-Bas. Inaugurée en 1988, cette foire attire tous les ans près de 70.000 collectionneurs privés, conservateurs de musées, professionnels du marché de l’art et passionnés. Elle est considérée comme l’une des meilleures et plus importantes foires du monde. Lors de sa 28e édition, qui a lieu du 13 au 22 mars 2015, participent 274 marchands d’art et d’antiquités parmi les plus imminents. Ceux-ci, en provenance de 20 pays, représentent une large gamme de disciplines allant des antiquités égyptiennes à l’art tribal africain. Art Media Agency a pu discuter avec Madelon Steijbos, directrice marketing et des relations publiques pour la TEFAF.*
- **Êtes-vous satisfaite de la façon dont la foire se déroule jusqu’à présent ?**
**M. S. :** Oui, jusqu’à présent, tout va bien ! L’atmosphère est extrêmement agréable sur la foire. On peut voir beaucoup de pastilles rouges et vertes dans les différents stands donc c’est un début prometteur pour nos exposants et pour nous. En marchant et en se promenant simplement dans les allées, on peut voir que les marchands et les visiteurs sont détendus et heureux. L’atmosphère est extrêmement bonne et l’événement a merveilleusement bien commencé. D’après notre expérience passée, les ventes continuent de se dérouler jusqu’aux toutes dernières heures de la foire. Comparé aux foires contemporaines, la TEFAF dure un peu plus longtemps puisqu’elle s’étend sur dix jours. Les ventes continueront de se produire jusqu’au dernier dimanche. Jeudi dernier a eu lieu le vernissage et nous attendons de nombreuses ventes supplémentaires avant que la foire ne ferme dimanche prochain, le 22 mars.
- **Vous êtes devenue directrice marketing et des relations publiques en juin de l’année dernière. Y a-t-il des éléments que vous vouliez faire différemment et des changements que vous avez été en mesure de réaliser dès cette année ?**
**M. S. :** Étant donné l’organisation cyclique de la foire, nous nous réévaluons constamment puisqu’il y a toujours un moment dans l’année où nous recommençons effectivement de zéro. En termes de communication, nous développons perpétuellement notre stratégie pour l’adapter au paysage médiatique qui est en train de changer. J’ai cherché la meilleure façon de nous adapter à cette nouvelle situation. Nous avons remarqué que le nombre de journalistes spécialisés dans l’art diminue et qu’ils doivent désormais couvrir plus d’événements en moins de temps ; nous cherchons donc à leur fournir toutes les informations dont ils ont précisément besoin en amont et nous essayons de leur faciliter tâche autant que possible.
- **Cette année, l’art moderne et contemporain semble être plus présent que les années précédentes, autant en qualité qu’en quantité. Est-ce effectivement le cas ?**
**M. S. :** La seule chose qui ait réellement changé, c’est l’agencement de la foire. Les sections antiquités classiques et moderne ont été réarrangées. Le nouveau plan peut donner un sentiment d’espace plus grand consacré à l’art moderne et contemporain alors qu’il y a exactement le même nombre d’exposants dans chaque section que les années précédentes. Le seul vrai ajout est l’espace intitulé « Night Fishing » et dédié à des œuvres monumentales, qui n’est vraiment pas si grand que cela, avec ses 250 m² ; mais il a — c’est vrai — un gros impact. Le Night Fishing (la pêche au Lamparo) est une technique de pêche asiatique qui consiste à attirer les poissons à la surface, en utilisant une source de lumière. Avec ce titre, la conservatrice, Sydney Picasso, a cherché à illustrer les liens entre l’art créé récemment et l’art créé au long des 7.000 dernières années. L’art contemporain ne tombe pas simplement du ciel, il est le fruit d’une histoire. Les artistes reconnaissent cette histoire, donc c’est très intéressant de voir l’art contemporain dans un contexte de 7.000 ans d’histoire de l’art.
- **La TEFAF est une foire très européenne, avec la plupart des marchands présentés venant d’Europe. Cherchez-vous à la rendre plus internationale ?**
**M. S. :** Il est vrai que la majorité des exposants ici sont européens, mais il y a aussi des marchands des États-Unis, de Corée ou du Japon. L’internationalisation du marché est évidemment quelque chose qu’il faut prendre en considération. Nous avons le sentiment que ce que nous offrons ici et maintenant mais aussi la façon dont nous l’offrons constitue la meilleure combinaison possible. Mais nous réévaluons cette combinaison chaque année pour nous adapter à l’évolution de notre marché. Nous pensons que ce que nous proposons aujourd’hui est c’est ce que recherchent les collectionneurs et les visiteurs. L’impact des médias sociaux est important sur la manière dont nous atteignons directement les collectionneurs. Nous travaillons très étroitement avec nos marchands et exposants, nous maintenons un lien bien plus fort avec nos collectionneurs que d’autres foires peuvent le faire. Nos essayons toujours d’apprendre de ces dernières, quand nous nous adressons au public, ce que nous faisons à travers la presse et aussi, directement, à travers les médias sociaux, les événements et les présentations. À Londres, nous avons organisé une série de débats TEFAF sur plusieurs sujets qui ont été très suivis. C’est une autre partie de la foire que nous développons. De manière plus générale, il n’y a pas nécessairement quelque chose que nous avons l’impression de devoir absolument faire. Nous gardons néanmoins constamment nos oreilles et nos yeux ouverts à tous les développements et possibilités qui pourraient naître dans le monde de l’art. Nous continuons d’explorer ; comme nous l’avons toujours fait.
- **Nous voyons beaucoup de belles foires toute l’année, mais la TEFAF reste l’une des mieux organisées. Comment expliquez-vous cette excellence ?**
**M. S. :** LA TEFAF n’est pas pour une organisation à but lucratif. Cela signifie que nous pouvons faire beaucoup de choses sans avoir à faire payer nos exposants de très gros prix. L’argent que récolte la TEFAF est réinvesti dans la foire pour l’année suivante. Nous évoluons à travers une petite équipe très efficace, constituée de professionnels avec une grande expérience des foires. Pour être parfaitement honnête, je suis l’une des plus jeunes ! Certains de mes collègues travaillent pour la TEFAF depuis 20 ou 25 ans, donc ils savent ce qu’il en est de la foire et ils savent ce que nos exposants et nos visiteurs attendent de nous. Pendant la foire, on prend toujours note de ce qu’on pourra améliorer l’année suivante. Je ne vais pas vous dire quels changement nous prévoyons pour l’année prochaine ; vous devrez revenir pour les découvrir l’année prochaine !
- **Quelle est votre plus grande fierté cette année ?**
**M. S. :** Je suis très fière du lien qui existe entre notre équipe et nos marchands. On peut voir que les exposants se sont vraiment surpassés pour présenter des expositions extraordinaires dans leurs stands aussi bien que dans le hall d’entrée, dessiné par Tom Postma. Cela me rend très fière de la foire dans son ensemble. C’est formidable de pouvoir créer un environnement où tout cela devient possible. Le simple fait de se promener dans la foire et de voir que tout le monde a pris autant soin de ses stands, que mes collègues se sont aussi bien occupés des allées… Même le parking est bien organisé ! Je travaille pour la meilleure foire !