New York, le 28 juillet 2011
Un marchant d’art africain de Philadelphie a été arrêté mardi dernier et mis en examen pour une affaire de trafic de défenses d’ivoire. La police a effectué l’une des plus importantes saisies d’ivoire en provenance d’Afrique importée illégalement aux États-Unis.
L’accusé, Victor Gordon a tenté de camoufler plus d’une tonne d’ivoire avec de la teinture et du colorant en vue de faire passer les défenses pour vétustes, mais les testes effectués sur la demande du procureur général prouvent le contraire. Le marchand de 68 ans a donc été inculpé pour dix chefs d’accusation, notamment pour complot et contrebande. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à vingt ans de prison.
Les crimes reprochés sont graves selon la procureure des États-Unis pour du District Est de New York Loretta Lynch. « Nous avons tous la responsabilité de protéger les espèces menacées, à la fois pour leur bien et pour le bien de nos générations futures », a-t-elle rapporté dans le Wall Street Journal. Depuis 1975, un traité international protège les éléphants d’Afrique, le trafic international de l’ivoire en fait une espèce menacée.
Victor Gordon n’était pas seul. Il a payé une personne pour se rendre en Afrique et organiser le transfert vers les États-Unis. Selon le procureur, le marchand aurait ordonné à cette personne de les faire sculpter en Afrique selon ses directives. Arrivées illégalement par l’aéroport John F. Kennedy à New York, les pièces ont été mises en vente dans le magasin du marchand à Philadelphie.
Ce dernier dit qu’il a été dupé par plusieurs personnes et a délivré leurs noms au procureur. Son avocat, Daniel-Paul Albe affirme qu’il a toujours été un collectionneur et un marchand d’ivoire dans les règles. Sa caution a été fixée à 1 M$ lors d’une audience préliminaire au tribunal fédéral de Brooklyn mardi dernier, et Victor Gordon a plaidé non coupable.