Pékin, le 30 mars 2012
Selon un article publié le 29 mars 2012 sur le site Internet du journal anglophone China Daily, la State Administration of Cultural Heritage (SACH) envisage de renforcer la réglementation afin de mettre fin à la vente d’antiquités contrefaites dans le pays.
Li Yaoshen, chef du bureau de régulation du SACH, qualifie lui-même la situation de chaotique, soulignant que les sociétés de vente aux enchères exploitent des lois et règlements trop conciliants, afin de tromper les acheteurs. Il explique qu’il suffit en effet, selon l’actuelle loi sur les enchères, qu’un vendeur ou la maison de vente stipule que l’authenticité d’un objet n’est pas garantie pour que ceux-ci soient exempts de toute poursuite de la part d’un acheteur. Par ailleurs, il révèle que nombre de maisons de ventes clandestines ne possèdent aucune autorisation de commerce.
Avec l’augmentation du nombre d’acheteurs potentiels et de la valeur des antiquités enregistrée ces dernières années, le problème prend une dimension inédite. Récemment, rappelle l’article du China Daily, c’est un ensemble composé d’un tabouret et d’une commode en jade qui a fait scandale. Présentés comme datant de la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.), les meubles avaient été vendus pour 220 millions de yuan (26,2 M€). Les experts s’étaient montrés publiquement sceptiques sur la présence d’un tabouret à une époque où les Chinois s’asseyaient par terre, qualifiant l’antiquité d’anachronique, avant qu’un internaute ne révèle qu’il s’agissait d’œuvres contemporaines, réalisées par un artisan de la province de Jiangsu nommé Zhao, certes d’une grande qualité, mais dont la valeur se situait autour des 500.000 yuans (59.500 €). Zhao a reconnu être le fabricant des meubles, mais l’expert s’est défendu, confirmant l’authenticité de ces « antiquités ».
Li Yaoshen révèle que son administration travaille sur un renforcement du contrôle de l’authenticité des pièces mises en ventes dans le pays, au moyen d’une modification du régime de responsabilité des vendeurs et des maisons de ventes, ainsi qu’une coopération accrue entre les services culturels, économiques, policiers et fiscaux visant à débusquer les maisons de vente aux enchères clandestines. Toutes ces mesures seraient accompagnées d’un renforcement des sanctions.