Washington, le 30 juin 2011
L’exposition « Naufragés : trésors des Tang et vents de Mousson » prévue dans les musées de la Smithsonian, sera repoussée pour une durée indéterminée.
Selon plusieurs archéologues spécialistes en la matière, les objets auraient été récupérés de manière illégale, dans un naufrage. En effet, en 1998, des pêcheurs locaux initialement venus pour pêcher des concombres de mer ont découvert un trésor de plusieurs centaines d’années au large de la côte de l’île de Belitung en Indonésie. Les objets proviendraient de la dynastie chinoise des Tang au IXe siècle, le bateau quant à lui, serait originaire du Moyen Orient. James Delgado, un archéologue nautique explique dans Art Clair « Ce naufrage est l’un des naufrages les plus importants des temps modernes (…) C’est la seule épave à ce jour que nous avons trouvée qui apporte directement des preuves archéologiques de l’échange entre le monde arabe et le monde chinois ».
Le problème est que l’intégralité des pièces n’a pas été remise aux autorités chinoises, beaucoup ont été volées et revendues ensuite sur internet. La commercialisation du patrimoine culturel est interdite, et durement punie par la loi. Une enquête a donc été ouverte pour retrouver tous les objets et sanctionner les voleurs. Le gouvernement indonésien a engagé Seabed Explorations, une entreprise de récupération allemande pour retrouver les œuvres d’art volées, qui ont ensuite été rachetées par les auteurs de l’exposition pour 32 M$. Malheureusement, la charte du Conseil des musées maritimes américains dont la Smithsonian galerie fait partie stipule bien que les membres « ne doivent pas exposer des objets qui ont été volés ou retirés de site exploités commercialement ».