Paris, le 18 juillet 2013

L’association de défense des peuples indigènes Survival International a restitué aux Indiens Hopi d’Arizona un des masques de cette tribu dispersés à Drouot lors d’enchères qui avaient suscité la polémique en avril 2013.
Me Pierre Servan-Schreiber, qui a acquis un katchina à Drouot dans le but de le restituer aux Hopi, considère qu’il ne s’agit que d’un succès dans un combat bien plus large : « D’une façon ou d’une autre, celles et ceux, dont je fais partie, qui pensent que tout ne peut pas être nécessairement à vendre ou à acheter finiront par l’emporter. En attendant, les Hopi n’auront pas tout perdu puisque deux de ces objets sacrés auront échappé à la dispersion voulue par les marchands d’art. »
Pour les Hopi, la présentation publique et la commercialisation de ces objets sacrés constituent une grave offense. Alors que Survival International avait demandé la suspension de la vente, le Tribunal de Grande Instance de Paris a toutefois rejeté le référé visant à obtenir la suspension de la vente qui a finalement eu lieu le 12 avril dernier. Soixante-dix masques Hopi avaient alors été vendus pour plus de 900.000 euros
Stephen Corry, directeur de Survival International, explique que : « La vente de ces katchinas n’aurait jamais pu avoir lieu aux États-Unis, la loi américaine ayant reconnu l’importance que présente ces objets cérémoniels. C’est une honte que la France soit si loin derrière les États-Unis. Nous nous réjouissons qu’au moins deux de ces katchinas aient pu être sauvés et qu’ils puissent être restitués à leurs légitimes propriétaires. »
Par ailleurs, selon Survival International, « un second katchina, acquis par la famille du chanteur Joe Dassin, sera restitué aux Hopi à l’automne prochain ».