Luxembourg, le 5 mai 2011
Un fond d’investissement spécialisé dans l’art a été lancé au Luxembourg. Il mise sur l’art contemporain et moderne mais aussi chose peu commune, sur les arts premiers.
« Art Collection Fund » est un projet mené à deux, il est le fruit du financier et collectionneur Stanislas Gokelaere et de l’ancien responsable de Christie’s Europe, Bernard Steyaert. Ce fond est prévu pour six ans et deux années supplémentaires sont possibles. Les deux associés espèrent un rendement de l’ordre de 12 %. Pour atteindre leur objectif, ils tendent à réunir d’ici la fin 2011, plus de 20 M€ et à terme, plus de 50 M€. L’enjeu est de taille et peut expliquer un ticket d’entrée situé aux alentours de 500.000 €.
Depuis la fin de la crise, les fonds d’investissements n’ont cessé de croître. Ils étaient une quarantaine en 2009, seulement 25 ont traversé la crise, mais leur nombre remonte considérablement depuis le début de l’année. Les fonds d’investissement en art reviennent à la mode et prouvent que les investisseurs cherchent à diversifier leurs patrimoines.
« Art Collection Fund » a pour projet de consacrer 35% de son budget dans les arts premiers. Le secteur est considéré comme à risque car un important nombre de faux circulent sur le marché. Pour rassurer leurs investisseurs, Stanislas Gokelaere et Bernard Steyaert vont travailler avec quatre experts, qui sont aussi marchands ou galeristes.
Environ 10% va être consacré à la jeune création. Là aussi c’est un véritable pari qui peut s’avérer payant. Pour minimiser les risques, les gestionnaires ont décidé de diversifier un maximum leurs actions. Ils souhaitent acquérir des œuvres d’une valeur minimum de 100.000 €, sans jamais consacrer plus de 20% du budget total à un seul artiste et en n’investissant pas dans une pièce qui représente plus de 10% du fond.
Une politique d’acquisition bien établie qui s’accompagne d’un système de prêt pour les investisseurs. Les pièces achetées pourront à la demande du client lui être prêtées pour une durée maximale d’un an. Cette véritable contrepartie matérielle pourrait séduire les collectionneurs réfractaires à l’absence de toute possession de l’objet.