Le Google Art Project

Paris, le 31 mai 2012

Au mois d’avril, Google a lancé la seconde version de sa plateforme Art Project. Celle-ci intègre désormais les collections de plus de 150 musées provenant de 40 pays soit plus de 30.000 œuvres accessibles en haute définition.

AMA est allé à la rencontre d’Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, Directrice de la communication de Google France, et responsable de la promotion du Google Art Project pour en savoir un peu plus sur cette plateforme et les projets de Google dans l’art.

Art Media Agency : Pouvez-vous nous expliquer l’origine du Google Art Project ? Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce : Tout a démarré avec une employée de l’équipe marketing espagnole de Google, Clara Rivera. Sur les fameux 20 % de temps que chaque employé peut consacrer à développer des projets plus personnels, elle est entrée en contact avec le Prado et les a convaincus de laisser Google les aider à diffuser sur Internet les chefs-d’œuvre du musée. Grande amoureuse de ce musée, elle était frustrée que le public du musée soit forcément limité. Après un énorme retentissement en interne, il fut décidé de pousser ce projet en y intégrant plus d’œuvres et d’institutions. L’Art Project est maintenant une plateforme réellement universelle, rassemblant les numérisations effectuées par tous les établissements participants. Le Prado fut donc la toute première étape.

AMA : Y a-t-il d’autres institutions qui ont vraiment été motrices dans le développement du Google Art Project ? AGDP : Je peux notamment parler du château de Versailles qui fut une des 17 premières institutions de la première version et avec lequel nous avions préalablement déjà travaillé à la captation des jardins pour Street View. Les membres du personnel du château se sont montrés très ouverts et enthousiastes. Ils sont désormais très fiers de leur participation au projet et annoncent que l’Art Project a augmenté leur trafic de 25 à 50 %. Nous sommes ainsi devenus leur troisième source de visiteurs.

AMA : Quels chiffres pouvez-vous nous donner ? AGDP : Nous avons reçu plus de 20 millions de visiteurs uniques et ceux-ci ont créé 200.000 galeries personnelles sur la seule v1. Nous avons désormais 151 musées partenaires en provenance de 40 pays. Plus de 30.000 œuvres sont accessibles en haute résolution, dont 46 scannées directement par Google en ultra-haute résolution (7 milliards de pixels). Quatre personnes travaillent à temps plein chez Google au développement de la plateforme technique et beaucoup plus, de manière plus ponctuelle, à la concrétisation des partenariats.

AMA : Quels sont les aspects financiers de ces partenariats ? AGDP : Il n’y aucun volet financier à ces partenariats. Ni de la part de Google, ni de la part des institutions. Google agit simplement comme partenaire technique et ne s’occupe que de la gestion de la plateforme (sauf pour les 46 œuvres sélectionnées), la numérisation et la saisie des informations étant du ressort des institutions.

AMA : Peut-on attendre prochainement d’autres intégrations de musées dans le Google Art Project ? AGDP : Bien sûr. Même si la seconde version de la plateforme n’est sortie qu’il y a seulement quelques mois, nous discutons d’ores et déjà avec de nouvelles institutions. Il m’est néanmoins difficile d’être plus précise pour le moment, au vu de l’aspect réellement international (et donc du nombre de personnes impliquées en interne) et du temps nécessaire à la mise en place de tels partenariats.

AMA : Y a-t-il eu des réticences de la part des musées ? AGDP : Comme pour tout projet nouveau, il y a toujours une certaine phase d’adaptation des acteurs et une certaine peur de l’inconnu. Mais cette peur c’est très vite dissipée au vu des résultats et de l’attente incroyable. C’est ainsi que nous sommes passés de 17 à 151 musées entre la première et la seconde version du site.

AMA : Selon vous, en quoi l’expérience du Google Art Project est-elle complémentaire ou rentre-t-elle en concurrence avec la visite des musées ? AGDP : Nous pensons que l’Art Project est réellement complémentaire d’une visite au musée et ne s’y substitue en aucun cas. Certaines personnes utilisent d’ailleurs la plateforme pour préparer leurs visites et optimiser leur temps dans les musées. Pour d’autres, l’Art Project rend accessible des œuvres qui ne leur seraient tout simplement pas ouvertes (pour des raisons de coût, de localisation géographique, de temps, de conservation…) ; il s’agit parfois même d’œuvres qui ne sont tout simplement pas dans les collections visibles. Enfin, nous avons découvert avec plaisir que l’Art Project était aussi beaucoup utilisé dans un cadre pédagogique.

AMA : Google a-t-il de nouveaux projets plus spécifiquement liés au marché de l’art ? AGDP : À notre niveau, l’institut culturel, nous travaillons uniquement sur des projets de rayonnement purement culturel, dégagés de tout aspect commercial ou financier. Il s’agit de soutenir des projets mettant en avant des contenus culturels grâce aux nouvelles technologies. Il s’agit véritablement de la politique de RSE (Responsabilité sociale des entreprises) de la marque « Google ». À ma connaissance, il n’y a pas aujourd’hui de projets spécifiques de Google dans le marché de l’art.

Propos recueillis auprès d’Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, Directrice de la communication de Google France.