New York, le 1 mars 2012
Le gouvernement cambodgien a demandé au gouvernement américain de l’aider à récupérer une statue de plus de mille ans d’un guerrier mythique qui se trouve actuellement dans les locaux new-yorkais de Sotheby’s et qui, d’après certains experts, aurait été pillée durant la guerre du Vietnam ou pendant le régime meurtrier des Khmers Rouges.
D’après The New York Times et ABC News, la statue de grès, estimée entre 2 et 3 M$, a été retirée d’une vente aux enchères un jour avant la vente, qui a eu lieu le 24 mars 2011. Le gouvernement cambodgien prétend que l’œuvre a été « illégalement sortie » de son pays d’origine.
Le ministère de la Sécurité Intérieure a ouvert une enquête, mais les autorités cambodgiennes ont déclaré qu’elles avaient mis les demandes de saisie en attente et qu’elles essayaient de négocier avec Sotheby’s pour l’acheter. La propriétaire, une « noble européenne », l’aurait achetée en 1975. Bien qu’elle ait été séparée de son socle et que ses pieds soient sectionnés, Sotheby’s indique que rien ne prouve qu’elle ait été volée. Si le gouvernement cambodgien souhaite négocier, c’est qu’il sait que sa demande n’a aucune valeur pour les systèmes juridiques américains et cambodgiens. Cependant, les avocats qui travaillent sur l’affaire ont récemment découvert une loi coloniale française datant de 1925, selon laquelle toutes les antiquités liées aux temples cambodgiens demeurent la propriété exclusive de l’État. Cette loi, qui a continué de s’appliquer après l’indépendance du Cambodge en 1953, pourrait modifier l’issue de cette affaire.
Quoi qu’il en soit et dans l’attente d’une décision, Sotheby’s a retiré l’antiquité de la vente dans le but de trouver un compromis acceptable pour les deux parties — le gouvernement cambodgien et la propriétaire.